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Quand les associations proposent à l’adoption des tortues

C’est une pratique assez récente que je souhaitais aborder avec vous de façon objective, afin de faire une synthèse de ses avantages et de ses inconvénients. Je sais par avance que mon petit article ne fera pas plaisir à tout le monde mais je jette un pavé dans la mare pour que vous puissiez intervenir auprès de vos organisations ou bien tout simplement en bas de cet article dans la partie dédiée aux commentaires.

Je voudrais tout d’abord exposer très brièvement les problèmes que l’on rencontre depuis quelques années et leur évolution.

Les tortues exotiques, un problème qui ne date pas d’hier

Historiquement, nous pourrions dire que le problème a commencé à naître dans les années 1950/1960, années durant lesquelles des fermes d’élevage spécialisées dans les tortues dites de Floride ont exporté des millions de juvéniles vers l’Europe. C’est à partir de là que le commerce de cette tortue à tempes rouge a débuté et avec les conséquences que l’on connaît sur l’environnement. Le constat est donc sans appel puisque aujourd’hui nous sommes face à une pollution de notre faune locale.

Cette expérience n’aura pas été suffisante pour les européens qui continuent encore aujourd’hui à importer des tortues exotiques destinées aux éleveurs atteint de collectionnite. C’est une maladie aux symptômes bien connus, qui rend les malades totalement irresponsables de leurs actes.

La collectionnite, une maladie humaine

Parce qu’aujourd’hui cette maladie a entrainé un premier bouleversement de notre écosystème avec la tortue de Floride et qu’aujourd’hui d’autres espèces bien plus dangereuses pour notre faune sont en train de s’installer sur notre territoire (Je vous parle de Chelydra serpentina, Macrochelys temmincki, Apalone ferox, Eurotestudo boettgeri, Testudo graeca…).

A cela on ajoute bien entendu les superbes tortues exotiques de type Centrochelys sulcata qui commencent à faire exploser les statistiques dans les centres d’accueil comme celui du Village des tortues de Gonfaron.

La maladie et les associations, une relation percutante

J’y viens et pour faire court je vais donner l’exemple de la FFEPT qui se nomme Fédération Française d’Elevage et de Protection des Tortues. Aujourd’hui cette fédération est essentiellement composée d’associations de terrariophiles et d’éleveurs.
- Alors comment peut-on parler de Protection des tortues avec un avis objectif quand on est un terrariophile amateur ?
- L’élevage des tortues est il une forme de protection ? Pour ma part quand je rencontre des Chelydra serpentina, des Trachemys scripta elegans ou des Testudo graeca en milieu naturel … je me dis bravo l’élevage, où est la protection ?

Mon article n’est pas une déclaration de guerre mais une simple critique d’un système qui ne marche pas.
Parce que les gens ne sont pas assez informés, sensibilisés et surtout responsables.

Les centres d’accueil ont donc commencé à se remplir de nouveaux envahisseurs. Et c’est là que les membres des associations de Protection et d’Elevage ont décidé pour le soi-disant bien être de leurs pensionnaires de distribuer les tortues accueillies, aux membres de l’association (et les espèces que personne ne souhaite aux non membres moyennant généralement une cotisation à l’association). L’intérêt individuel aura tout de même été un facteur déterminant dans la prise d’une telle décision.

Je suis d’accord sur le fait que les tortues seront bien mieux chez un particulier plutôt que dans un « camp de concentration ».

Subjectivement parlant je suis d’accord car la passion des tortues qui m’anime est très forte et donc je pense avant tout à leur bien être.

Objectivement parlant je suis en revanche totalement contre. Pour moi cette pratique va à l’encontre de la protection des animaux. Les tortues adoptées seront élevées, reproduites, données, relâchées dans la nature, vendues, échangées … bien que cela soit interdit mais pas contrôlé par l’association.
Par exemple nous avons un membre actif d’une association possédant un mâle Centrochelys sulcata qui se fait offrir une femelle par l’association (sans l’accord de la totalité des membres bien entendu) puis qui reproduit les deux tortues et distribue voir vend les naissances.

Que cela soit des donations, des ventes ou des échanges, la collectivité était face à un problème qui s’est multiplié et demain elle devra faire face à 200 problèmes parce qu’une association a donné une tortue sans vraiment pouvoir contrôler avec efficacité son devenir.

Le bien-être d’une tortue ou d’un membre d’une association doit-il primer sur le bien-être de la collectivité ?

Je vous laisse insérer un commentaire… que votre avis soit en adéquation ou aille à l’encontre de ma prise de position. Le débat est ouvert…
PS: le débat ne porte pas sur la vente, la donation ou les échanges … il concerne le rôle d’une association qui prétendra protéger les tortues.

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17 commentaires “Quand les associations proposent à l’adoption des tortues”

  1. Bruno G :

    Rendez vous sur le forum http://forum.cheloniophilie.com afin que l’on puisse vous aider d’avantage.

    Cordialement

  2. Geoffrey :

    J’ai fait l’acquisition de deux tortues boettgeri et graeca. les deux appartenaient a une même personne âgée de 88 ans et qui les possédait dans son jardin depuis une 40aien d’années pour la première et une 20aine d’année pour la seconde…

    l’adoption m’a été proposé par une association et je crois être tombé dans le piège…

    les tortues bien sur n’avaient pas de papiers légales – dès l’adoption je les ai fait pucer et les ai rentrer dans mon registre…

    aujourd’hui, et nous sommes encore en attente de réponse de la DDPP et de la DREAL…
    - il se peut que ces tortues me soient confisqués
    - il se peut que si je les garde c’est mon cheptel entier qui sera interdit de reproduction… ! à moins de faire stériliser les tortues…

    j’ai fait confiance à l’association dont je suis « jeune adhérant » et me voilà avec quelques soucis auxquels je ne sais répondre ! et auxquels je ne m’attendais pas.

    pour moi l’adoption s’était faite via l’asso, nous avons rempli bons de cession et j’ai reçu attestations de l’ancien proprio, je les ai fait pucer… et je pensais être en règle… mais non

    on m’a proposé cette adoption sans vraiment me dire les conséquences…

    que faire maintenant ?

  3. Bruno G :

    Malheureusement, cela n’est pas aussi simple. Il est possible d’acheter des Eurotestudo hermanni en toute légalité chez des éleveurs seulement le problème est l’importation de tortues exotiques qui s’hybrident ou peuvent transmettre des maladies.

  4. mat :

    Avant d’increminer les gens on pourrait plutot obliger les magasin d’animaux à vendre des tortues francaises d elevage et regler le probleme si les gens les relache et les tortue en france seraient plus en voie d’extinction

  5. PENNEC JOEL :

    joël.bonjour,je pense qu’il serait intéressant de faire participé quelques adhérents des assoications pour la réintroductions dans les milieux naturels des junéviles(èspèces determiné par FFEPT,car les personnes qui sont a jour dans leur AEA ou CDC s’investissent de nombreuses heures par jours,ce n’est pas pour faire n’importe quoi.la réintroduction pourrait être sous le contrôle des présidents d’associations assisté par la FFEPT,une fois tous les deux ou trois ans voir plus pour réintrodruire des tortues bien démarré d’un age de trois ans minimum.interdire la reproduction favoriserait les trafics crapuleux et rendrait la vie des associations plus vivante et gratifiante.

  6. Catherine :

    Je pense qu’il doit exister des solutions moins radical que le frigo, avez vous vu le prix d’une tortue? c’est énorme si l’ont commencait par le baisser elles n’auraient plus de valeur marchande et les vendeurs ne feraient plus de reproduction ni plus de contrebande. Et comme pour les chats la stérilisation serait une bonne chose ou pour tout adoptant une interdiction de reproduction. Je me suis porté volontaire pour l’adoption mais je ne vois rien venir que font les associations pourquoi aujourd’hui ne sépare t’on pas les femelles des mâles pour éviter les naissances

  7. Jacques :

    Je ne sais pas le nombre de visiteurs qui ont consulté ce post, mais il ne suscite pas beucoup de récations…
    Il est bon de parler, mais meilleur de se taire.
    En Corse on appelle cela l’OMERTA.
    Pour vivre heureux vivons caché !
    Ce sujet prouve que peu de personnes osent ou veulent aborder la question.

  8. Village :

    La loi du silence sur les registres « Entrées-Sorties » et les Certificats de detention que peu de personnes possédent …

  9. Tibbe :

    @robert
    Le problème , à mon avis, est que pour un Robert, qui fait les choses sérieusement il y a 100 individus qui font n importe comment. Les exemples des tortues de Floride est particulièrement significatifs , des tas de gens adoptent ces tortues, puis réalisent les soins nécessaires, sans compter qu elle est achetée pour des enfants et est relativement agressive. Elles sont donc relâchées dans la nature. Dans la région oú je me trouve on peut en voir partout, en forêt , en ville dans les parcs et jusque dans les complexes sportifs type aquaboulevard. Moi même, l acquisition de mes tortues terrestres s est faite n importe comment et aurait pu tourner au désastre si je ne m étais pas penché sur le problème pour devenir sérieux.

  10. Jacques :

    ADOPTION :
    Chapeau pour avoir osé porter ce débat.
    La procédure d’adoption avait plusieurs objectifs :
    1°) Soulager des Centres de Récupération « surchargés », conséquence de l’insuffisance de ces Centres sur un plan national.
    2°)Soulager les bénévoles de ces Centres qui assurent au quotidien les travaux de nourrissage et de soins et la recherche de subventions au travers de différentes actions .
    3°) Assurer un certain confort à ces animaux :
    Vie en camp de concentration et dont la promiscuité est source de propagation de maladies (rhinites, pneumonie, parasites…)
    Recevoir un peu d’attention voir d’affection, avoir une nourriture adaptée et une meilleure surveillance médicale.
    4°)Répondre à une demande
    5°)Limiter le nombre de prélèvements sauvages et les importations.
    6°) Freiner les ventes clandestines
    Quelles règles devaient être mises en place ?
    Sensibiliser et éduquer les futurs adoptants aux besoins de l’espèce.
    Ne pas donner de couples.
    Ne donner que des animaux contrôlés sur un plan sanitaire et des adultes « pucés »
    Le suivi et le devenir de ces animaux ne pouvait que difficilement se mettre en place…
    Il est certain que certains Centres, sous prétexte de sélection se sont un peu trop facilement débarrassés d’espèces non-conformes.
    Chaque action à ses dérives et ses détracteurs et ce n’est qu’a travers le dialogue que l’on pourra se mettre sur le droit chemin.

  11. Monsieur X :

    Bonsoir,
    Je suis l’instigateur de la caméra cachée diffusée sur le JT de 20H00 l’année dernière concernant le trafic des animaux sauvages, et notamment la testudo hermanni qui est la première victime de l’homme (touristes y compris), des incendies, et des chiens errants.
    Si rien n’est fait « concrètement » dans les 20 ans à venir, c’est une espèce de plus qui viendra s’ajouter à la 3ème extinctions des espèces qui a démarrée…
    La prolifération des forums et sites internet, liés à leurs petites annonces « non contrôlées » en seront une grande partie responsable !
    Commençons par nous responsabiliser sans nous cacher derrière un forum ou une association ( toutes ne sont pas aussi clean qu’elles veulent bien le laisser paraitre ), mettons en place des programmes de réintroduction, et nos petits enfants (vos petits enfants) auront encore la joie de voir des testudo hermanni sauvages dans leur biotope naturel…

    nota: Je suis un puriste passionné par la faune sauvage mais refusant tout anthropomorphisme et achat clandestin..

    Monsieur X

  12. Thierry :

    Bonsoir Bruno , je vous lis régulièrement avec attention . Il est faux de dire que la FFEPT ne s’occupe que d’élevage , beaucoup de ses articles sont consacrés aux tortues in natura et à leur protection . Je lis toujours avec un sourire les messages de ceux qui reprochent aux autres de posséder des tortues , qui en ont eux même , mais qui sont tellement raisonnables qu’ils ont le droit, eux , d’en posséder . Quant aux soi disant hybridations sur notre territoire , le problème ne se posera bientot plus , puisque nos espèces locales auront bientôt toutes disparues , sauf si … les groupes d’élevages font bien leur boulot . Groupes d’élevage souvent soutenus par la FFEPT . Sinon, pour les tortues abandonnées , si le placement ne vous convient pas il reste … le congélateur . Rapide et sans douleur , moins cher que la stérilisation .
    On ne peut pas être un ayatollah de l’élevage ou de la protection , les 2 doivent cohabiter et communiquer . D’ou le nom de la FFEPT , que je soutiens . La protection pure , c’est par exemple espérer convaincre les chinois de ne plus manger leurs tortues endémiques avant qu’il n’en reste plus une seule . C’est peine perdue , et je ne leur jette pas la pierre , nous l’avons fait avant eux pour d’autres espèces . J’espère avoir participé au débat , restons optimistes sur la responsabilité de beaucoup d’éleveur , amicalement , Thierry .

  13. Bruno G :

    Bonjour,
    Je vous lie et plusieurs infos sont intéressantes à décortiquer :
    - Classer les animaux de façon à ce qu’ils ne se reproduisent pas (je trouve cette information intéressante mais malheureusement difficilement contrôlable chez les particuliers).
    - Stériliser les animaux (C’est une informations à laquelle j’avais pensé et je n’ai malheureusement pas eut le temps de contacter L.Schiliger pour en savoir plus sur cette pratique (si elle existe)).

    Pour ce qui concerne le côté positif… contre le prélèvement dans la nature, je suis en partie d’accord théoriquement. Le problème est qu’avec de telles pratiques, vous multipliez un problème. Avoir des espèces comme la boettgeri dans la nature sur notre territoire c’est mettre en danger nos espèces (surtout via l’hybridation). L’homme déplace des espèces sans se soucier des conséquences. Je peux aisément comprendre que certaines personnes souhaitent élever des tortues exotiques mais je ne comprends pas pourquoi une association se dit de protection ou fasse partie d’une FFEPT qui au final s’occupe que de l’élevage.

    C’est un sujet à débat et c’est pour cette raison que je l’ai lancé.

  14. NIBAMA :

    Bonjour,
    Je suis bien d’accord avec notre rédacteur : oui pour l’adoption car il faut privilégier le bien-être de nos animaux, mais non à l’adoption sans conditions; certes la cotisation est un début de responsabilisation, mais insuffisante; vous ne pourrez jamais contrôler les actes de vos adhérents, et malheureusement beaucoup d’entre nous ne sont ni responsables ni raisonnables; nous trouverons toujours quelqu’un qui aura des reproductions et sera prêt à s’en débarasser moyennant quelques deniers.
    Je sais que ma proposition va faire sourire,coûte cher et n’est pas sans danger pour la vie de nos protégées, mais pourquoi ne pas stériliser nos animaux avant l’adoption, si c’est possible ???

  15. fabrice :

    Je suis d’accord avec robert, plus il y aura de passionné moins il y aura de prelevement dans la nature, regarder l’exemple des aquariophiles aujoud’hui il y a beaucoup de poissons issus d’elevage (discus, neons).Cordialement.

  16. ROBERT :

    bonsoir,
    Je ne comprends pas très bien votre position.
    Ca ne me choque pas qu’une association donne des tortues
    à un adhérent qui est en règle avec la loi et possède une
    autorisation de détention. Que ces passionnés fassent repro-
    duire des tortues de la même espèce, je trouve ça bien.
    Pourquoi vous dites que c est dangereux les boettgeri et les
    graeca pour la faune ?
    Je possède l’autorisation de détention mais pour avoir le
    certificat de capacité, c’est le parcours du combattant en
    Charente Maritime. Pourtant, je connais beaucoup de personnes dans mon entourage qui ont des tortues depuis bon nombres
    d’années et qui s’en occupent bien, mais c’est tellement
    compliqué de se faire régulariser qu’elles restent dans
    l illégalité. Pour moi c’est dommage. Car elles peuvent
    partager leur connaissance avec de nouveaux passionnés.
    Ceci est mon avis, mais je n’ai peut-être pas tout compris.
    Cordialement

  17. JULIE :

    Bonjour Bruno

    Une solution existe à mon avis:
    confier ces tortues saisies ou abandonnées aux particuliers qui souhaitent s en occuper MAIS!
    les classer toutes en U AVEC interdiction de reproduction!Je ne commenterai pas les souhaits de certaines associations et de FFEPT……

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