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Parmi la dizaine de sous-espèces identifiées, trois sont présentes en France (Emys orbicularis orbicularis, Emys orbicularis lanzai, Emys orbicularis galloitalica) ; on observe des formes intermédiaires entre certaines sous-espèces.
Poids moyen de l’adulte : 400 à 800 g.
Elle a une carapace aplatie (hydrodynamique) de forme ovale mesurant de 10 à 20 cm pour l’adulte, tandis que celle du jeune à l’éclosion ne mesure que 3 cm. Une carapace noirâtre à brun foncé avec, souvent, de fines taches ou stries jaunes ; plastron jaune plus ou moins taché de brun ou de noir, mobile chez l’adulte ; tête et cou ornés de taches jaunes.
Les cistudes ont des pattes palmées pourvues de fortes griffes (5 sur antérieures, 4 sur postérieures) ; queue longue et effilée. Dimorphisme sexuel : queue des femelles plus courte (8 à 8,5 cm contre 9 cm chez le mâle adulte) et plus étroite à la base, carapace plus ronde ; plastron légèrement concave et taille plus petite chez les mâles. L’espérance de vie serait de 40 à 60 ans, voire plus de 100 ans en captivité.

La maturité sexuelle est atteinte entre 6 et 12 ans chez les mâles, entre 8 et 15 ans chez les femelles. L’accouplement s’effectue de mars à octobre avec un maximum en avril-mai. La ponte a lieu principalement en juin-juillet sur des sols chauds, exposés au sud (non inondables, sableux ou sablo-limoneux, bien dégagés), à une distance du point d’eau pouvant atteindre plusieurs centaines de mètres. La Cistude pond de 3 à 13 oeufs, généralement 8 ou 9, dans un trou profond d’une dizaine de centimètres qu’elle creuse avec ses pattes arrière. La femelle peut effectuer une ponte principale et une ponte complémentaire.
Les jeunes naissent à l’automne après un développement embryonnaire de 60 à 100 jours ; en cas de conditions météorologiques défavorables, les tortues ne sortent qu'au printemps suivant. Le sexe est déterminé génétiquement mais aussi en partie par la température lors de l’une des phases de l’incubation (température < 28°C : mâles ; 30°C : femelles ; à 28,5°C : 50% de mâles et 50% de femelles). Le sexe ratio est généralement en faveur des femelles (rapport mâles/femelles proche de 0,5). On estimerait à 1 chance sur 100 les probabilités d’un jeune d’atteindre l’âge adulte.
La Cistude hiverne d’octobre à mars sous la vase (dans les étangs, en bord de roselière le plus souvent) ; elle sort de l’hivernage dès les premiers jours d’insolation continue, à partir de fin février. Dans le midi, en cas de grande chaleur ou de sécheresse, la tortue utilise un terrier dans la berge ou s’enfonce dans la vase en attendant la pluie (estivation).
La Cistude est presque exclusivement carnivore. Elle se nourrit dans l’eau, principalement dans la végétation à myriophylles (Myriophyllum spicatum) et nénuphars (Nuphar lutea, Nymphaea alba), mais aussi dans la roselière. Son régime alimentaire se compose principalement d’insectes, de mollusques aquatiques, de crustacés et de leurs larves. Occasionnellement, elle peut se nourrir de poissons malades ou morts, d’oeufs de poissons, d’oeufs et de têtards, de batraciens, de sangsues, etc.
Exceptionnellement, la Cistude peut s’alimenter d’oisillons ou de petits rongeurs qu’elle entraîne sous l’eau, noie et déchiquette.
L’aire de répartition de la Cistude s’étend de nos jours de la mer d’Aral, du Kazakhstan, de la mer Caspienne jusqu’à la Turquie et l’Europe de l’Est (Ukraine, Crimée, Roumanie, Hongrie, Biélorussie, Russie, Pologne) jusqu’en Lituanie, et dans le nord-est de l’Allemagne. Dans le sud, on la trouve en péninsule Ibérique, aux îles Baléares, dans le sud et au centre de la France où les populations sont isolées, en Corse, Sardaigne, dans la vallée du Pô, les Apennins, en Sicile, dans les Balkans, mais aussi en Afrique du Nord.
En France, son aire de répartition « naturelle » se situe au sud d’un arc de cercle joignant Rochefort, la Brenne, l’Allier et la région lyonnaise. Au nord de cette limite, les observations concerneraient des individus échappés de captivité.
La Cistude habite généralement les zones humides ; on la trouve de préférence dans les étangs, mais aussi dans les lacs, marais d’eau douce ou saumâtre, mares, cours d’eau lents ou rapides, canaux, etc. Elle affectionne les fonds vaseux - ou rocheux en Provence et en Corse - où elle trouve refuge en cas de danger ou pendant l’hivernation et l’estivation. La présence d’une bordure plus ou moins étendue de roseaux (Phragmites australis) ou de joncs (Juncus spp.), de végétation aquatique flottante est de même recherchée. Elle apprécie les endroits calmes et ensoleillés, à l’abri des activités humaines, en particulier la roselière jeune où elle peut se chauffer sans avoir à se réfugier dans l’eau constamment.

Les populations françaises les plus connues se trouvent :
-dans le Centre et l’Ouest : principales populations en Brenne (Indre) et dans le marais de Brouage (Charente-Maritime); ces populations semblent stables.
-en Corse : surtout littorale, essentiellement dans les étangs de la côte orientale (étang de Biguglia, plaine d’Aléria, étang de Palo, étangs côtiers de Porto-Vecchio).
-dans le Midi : deux grands noyaux en basse vallée du Rhône (Camargue et marais adjacents) et dans le Var (massifs des Maures et Esterel) ; populations relictuelles dans le Gard, l’Aude, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse.
La Cistude affectionne les zones de faible altitude ; cependant, des observations ont été rapportées en France jusqu’à 500 m dans le Var et 600 m en Corse.

Directive « Habitats-Faune-Flore » : annexes II et IV.
Dans la Convention de Berne elle est en annexe II.
C’est une espèce de reptile protégée au niveau national en France.
Présence de l’espèce dans des espaces protégés L’espèce est présente sur au moins 10 réserves naturelles et sur 22 sites du Conservatoire du littoral.
Jay & illustrations et modifications Cheloniologue. |